Si le Soleil est figuré par une boule de billard de 7 cm de diamètre, Mercure sa planète la plus proche sera représentée par une tête d'épingle éloignée de 2,80 m ; Vénus, à peine plus grosse que Mars, sera à 5 m ; la Terre à 7,50 m ; Jupiter à 40 m, et Pluton, la plus lointaine, à 800 m. L'orbite décrite par la Lune autour de la Terre aura environ quatre centimètres.

L'étoile la plus voisine du Soleil, Proxima du Centaure (visible dans l'hémisphère Sud), sera placée à une distance de 2.000 km de la boule de billard, tandis que le disque de notre galaxie aura un diamètre de soixante millions de kilomètres.

Les vitesses dans l'univers

La Lune semble immobile, pourtant elle se déplace à 1 km/s (un kilomètre à la seconde soit 3.600 kilomètres à l'heu­re), La Terre semble immobile et pour­tant elle tourne à une vitesse de 400 m/s et avance, dans sa course autour du Soleil à 30 km/s soit 100.000 km/h. Quant aux étoiles, elles semblent immo­biles, mais certaines nébuleuses attei­gnent des vitesses de 200.000 km/s.

 

Pour mesurer les distances des étoiles, on emploie la vitesse de la lumière, sachant que les ondes lumi­neuses se propagent à 300.000 kilo­mètres par seconde, l'année lumière (AL) correspond à la distance que par­court la lumière en un an, soit 9.468.000.000.000 de kilomètres.

La Lune est à une seconde lumière (l'homme n'a pas encore dépassé cette distance), le Soleil à 8 minutes, Pluton à 5 h 30 ; l'étoile la plus proche, Proxima du Centaure, à plus de quatre années lumière de la Terre.

Deux cent milliards de soleils

Notre galaxie contient deux cents milliards d'étoiles, c'est un vaste disque de 100.000 AL de diamètre avec une épaisseur de 15.000 AL.

La densité stellaire est très variable, très forte au centre, elle diminue dans la périphérie où se trouve notre Soleil (30.000 AL du centre de notre galaxie).

Cette population est surtout compo­sée d'astres faibles: 77 % de naines rouges (les plus petites et les plus froides), 10 % de naines blanches (en train de mourir), 8% sur la série principa­le (type notre Soleil), 4% de sous-naines et 1% de géantes. Seuls 8% des 200 mil­liards de Soleil de notre galaxie sont susceptibles de posséder des planètes.

La piste actuelle la plus intéressante est Béta Pictoris (la deuxième étoile de la constellation du Chevalet du Peintre, ciel du Sud, il faut descendre sous Orion, passer le Lièvre, franchir la Colombe et nous y sommes).

Cette étoile est entourée d'un disque de poussières et de gaz en rota­tion qui peuvent déboucher sur la constitution de planètes, elle est à 53 AL de notre Soleil.

Le Monde du vendredi 16 juin 1995 a consacré une page à la recherche d'un système solaire autour de Béta Pictoris).

La vie dans le système solaire

L'atmosphère des planètes loue un très grand rôle. Chaque molécule des gaz de l'atmosphère se comporte com­me un corps céleste et est ainsi régi par les mêmes lois.

Chaque molécule est un projectile minuscule lancé dans l'espace mais sou­mis à l'attraction de la planète qui tend à le retenir. La vitesse de libération que doit atteindre toute particule — ou tout engin spatial — pour échapper définiti­vement à sa planète dépend de la mas­se de la planète ; une planète très lour­de retient donc plus énergiquement les molécules de son atmosphère.

Par ailleurs, la vitesse des molécules croît avec la température. Les grosses planètes froides, Jupiter, Saturne, Ura­nus et Neptune, ont fortement retenu tous les gaz de leur atmosphère primiti­ve et sont entourées d'un épais man­teau gazeux.

Si leurs atmosphères sont très importantes, c'est que leurs masses sont si grandes qu'elles ont su les conserver (la masse est une mesure de la quantité de matière d'un corps, elle se mesure en kilos. Le poids, c'est la force exercée sur un corps par la planète sur laquelle il se trouve, il ne faut pas confondre les deux, un Terrien d'une masse de 70 kilos pèse sur Terre 70 k ; sur la Lune, 12,5 k ; sur le Soleil,1.946 k ; sur Mercu­re, 27 k ; sur Vénus, 63 k ; sur Mars, 27 k ; sur Jupiter, 170 k ; sur Saturne, 165 k ; sur Uranus, 156 k).

Les astronomes recherchent des pla­nètes géantes, type Jupiter, à l'abri des­quelles des planètes plus petites, type Terre, pourraient développer la vie.

Sans Jupiter, la Terre serait bombar­dée par une pluie de comètes et d'astéroïdes. Les planètes telluriques (Mercu­re, Vénus, Terre et Mars), au contraire, légères et bien plus chaudes, ont presque entièrement perdu leur atmosphère primitive dès leur formation. Après quoi ces planètes ont secrété une nouvelle atmosphère, essentiellement par dégazage de leur croûte, mais de composition toute différente.

Mercure atmosphère primitive dis­sipée dans l'espace, températures extrêmes — 210 °et + 430°. Vénus nuages d'acide sulfurique et de gaz car­bonique y engendrant un puissant effet de serre, températures + 446° et + 480°. Mars : désert de cailloux désolé, atmo­sphère très ténue, ses hivers rigoureux font se modifier ses deux calottes polaires formées d'eau et de neige car­bonique (températures — 123° et 27 °).

Malgré les rêves des hommes sur la Lune et les satellites des planètes, les chances de trouver la vie sont nulles. Dans notre système solaire, il n'est pas possible de trouver la vie telle que nous la connaissons sur Terre.

L'exemple de la Terre nous incite à penser que les civilisations se succè­dent les unes aux autres jusqu'à la civi­lisation technologique que nous connaissons que l'on peut diviser en trois types

— Le type I, à un niveau voisin du nôtre, étendu sur toute la surface de sa planète, il consomme toute l'énergie reçue par sa planète.

— Le type 2 s'étend sur toute la tota­lité du système planétaire, en « coloni­sant » les autres planètes, l'on peut interpréter dans ce sens la conquête de la Lune.

— Le type 3 commence quand la civilisation de type 2 se trouve à l'étroit dans son système planétaire et cherche à découvrir les étoiles proches. La mutation est plus lente car c'est la vitesse de la lumière qui limite cette ultime expansion.

L'âge de la vie sur Terre est, à l'échelle du temps géologique, presque celui de la. Terre elle-même. La civilisa­tion a attendu quelques milliards d'années pour se développer, il a fallu que la vie organique mûrisse suffisam­ment pour que le rameau civilisé se mette à pousser.

Un très grand nombre d'étoiles, des milliards, ont des âges comparables à celui du Soleil, elles sont soumises aux mêmes lois que lui et ont engendré des systèmes planétaires qui peuvent suivre la même progression que celui auquel nous appartenons. On peut donc envisager très sérieusement la présence de civilisations de type 3 dans l'Univers.

Voyages interstellaires

Supposons un voyageur animé à l'aller comme au retour d'une accéléra­tion constante. S'il s'éloigne à 800 années lumière de nous, son voya­ge aura duré 27 ans, mais la Terre et ses habitants auront vieilli, de 15 siècles. C'est le paradoxe des jumeaux de Lan­gevin et nous sommes en plein dans la théorie de la relativité.

Existe-t-il d'autres formes de vie intelligentes dans l'Univers? Et si oui, pourquoi ne nous ont-elles pas contac­tés ? Sans doute parce qu'elles sont trop intelligentes (Le Monde du 16 juin).

Article publié dans le journal « La Montagne » en juillet 1995