Tandis qu’à leurs oeuvres perverses les hommes courent haletants, mars qui rit malgré les averses prépare en secret le printemps…

« L’ASTRONOMIQUE secte » était le titre du billet de Pierre Georges (Le Monde du 9 février 1996) qui m'a fait réagir. Il est vrai que les astronomes (professionnels ou amateurs) possèdent un rare privilège, celui de l'actualité permanente, détachée des contingences terrestres, chaque jour qui passe apporte son lot de nouvelles découvertes.

Il est vrai que les astronomes se don­nent dans un même élan, le projet d'exa­miner les origines de l'univers et d'antici­per la fin du monde, il est vrai que notre Soleil aura sa fin dans 5 ou 6 milliards d'années. Il est vrai que nous avons le temps, avant cette échéance, de prendre nos dispositions pour trouver des solu­tions.

Il est vrai, qu'en matière d'astronomie, la lumière la plus courante, celle que nous maîtrisons le mieux, c'est la lumière visible. Depuis très peu de temps, nous l’observons dans les rayons gamma, qui possèdent la plus petite longueur d'onde, la plus grande fréquence et la plus grande énergie ; dans les rayons X, la lumière ultraviolette et l'infrarouge ; nous connais­sons beaucoup plus la lumière visible observable depuis la Terre ainsi que la lumière radio (radiotélescopes).

Seules la lumière visible, la lumière radio et un peu l'infrarouge peuvent tra­verser l'atmosphère terrestre (qui nous protège heureusement de ce bombarde­ment permanent) et être capturées par des télescopes sur Terre ; les autres lumières ne peuvent être capturées que par des télescopes portés par des satel­lites ou des sondes spatiales, traitées par de puissants ordinateurs, les imprimantes sortent leurs images, mais souvent la lumière d'origine n'est pas précisée.

Il est vrai que des quatre forces qui régissent l'univers : la gravitation, la force électromagnétique, la force nucléaire for­te et la force nucléaire faible (ces deux dernières dans l'infiniment petit), notre ignorance est grande.

Un exemple de perturbation électro­magnétique que nous ne maîtrisons pas, relaté par Le Monde du 18 janvier 1996: un pilote d'Alitalia atter­rissant à Turin a dû se servir de ses com­mandes manuelles, les automatismes de bord ayant été déréglés par le téléphone cellulaire qu'un voyageur avait omis d'éteindre.

La pollution électromagnétique pro­vient du champ magnétique généré par un appareil électrique (mais aussi des lignes à haute tension ou des transforma­teurs). Les variations de ce champ indui­sent un courant parasite dans tout conducteur voisin. Les symptômes sont par exemple : les zébrures sur les images télévisées, grésillements dans le télé­phone, déclenchement inopiné d'alarmes; pacemakers perturbés, instru­ments de mesure, machines-outils...

Le dessinateur humoriste Fessin a illustré l'article avec un dessin représen­tant l'intérieur d'un avion et l'hôtesse annonçant aux passagers « Nous vous rappelons de ne pas utiliser vos camé­scope, baladeur, téléphone, ordinateur, bipeur, fax, pager, CD-ROM, Game Boy, télécommande de garage, pendant l'atterrissage ».

Mais, rassurons-nous, l'Union européenne ouvre la chasse aux parasites électromagnétiques.

Les photos récentes de la Terre la nuit prises depuis des satellites nous mon­trent une planète illuminée de l'activité humaine. Il suffit de passer quelques nuits dans l'obscurité de la nature pro­fonde pour sentir l'intensité de la présen­ce des étoiles, pour comprendre à quel point elles faisaient partie de la vie des hommes.

Nos racines sont dans les étoiles, elles ont fabriqué les atomes dont sont constituées les molécules de nos yeux tournés vers elles, et c'est comme ça, que l'on se sent citoyen de l'univers.

Gérard BANCAL

Article publié dans le journal « La Montagne » en mars 1996