C’est pendant les douces nuits d'été qu'on a le plus envie de débuter en astronomie en découvrant les constellations. Vous avez forcément remarqué que la nuit n'arrive pas subitement au moment où le Soleil passe sous l'horizon, Il continue d'éclairer la partie haute de notre atmosphère qui réfléchit encore sa lumière.

N'attendez pas que la nuit soit tout à fait tombée pour sortir, dans le ciel crépusculaire, dont le passage du bleu roi à l'indigo, puis au marine, est un spectacle.

Vous verrez d'abord s'allumer Jupiter au sud-est, puis les étoiles les plus brillantes de première grandeur, servant de repère. Arcturus du Bouvier, puis le triangle d'été Vega de la Lyre, Deneb du Cygne et Altaïr de l'Aigle, Antarès géante rouge du Scorpion.

Si vous voulez connaître les constellations, il vous faut tout d'abord une carte du ciel. Pas n'importe laquelle, elle doit être mobile, elle se présente sous la forme d'un disque tournant dans une pochette plastifiée ou cartonnée pourvue d'une fenêtre ovale. Cette fenêtre représente la portion du ciel visible à un instant donné, Il suffit de faire coïncider les graduations du bord de la carte de façon à ce que l'heure à laquelle vous regardez le ciel se trouve en face de la date du jour.

Mais attention ! l'heure indiquée est en temps universel ; il faut rajouter deux heures pour obtenir l'heure légale d'été en France. Ensuite, il faut s'orienter ; tenez la carte verticalement face à vous et placez le sud en bas. Vous êtes prêts.

Commencez par la Grande Ourse, regardez vers le nord-ouest, vous y trouverez la Grande Ourse qui est la clef du ciel. Prolongez l'arc de la queue d'une longueur égale à celle de la constellation et vous rencontrez Arcturus, étoile orange de la constellation du Bouvier, en forme de parachute dont Arcturus serait le parachutiste.

En haut, à gauche du parachute, un cercle presque complet, c'est la Couronne Boréale, plus loin, en direction de Vega de la Lyre, le regard traverse la , constellation d'Hercule.

Nous venons de traverser la moitié du ciel.

 

 

Un astronome amateur octogénaire, inspiré par le dernier passage de comète, nous a communiqué ce poeme.

La comète a passé

Elle a déjà passé, comme une fée volage,

Sans doute venait-elle pour nous porter bonheur !

Elle a filé tout droit, poursuivant son voyage,

La comète a passé et je reste rêveur

Sa tête ébouriffée s'était mise à la mode,

Pour nous plaire sans doute, en nous frôlant de près

Je veux la remercier, lui composant une ode,

Et la faire sourire dans la nuit étoilée.

Elle veut prendre le temps de voguer dans l'espace, 

Visiter en passant la belle Vole Lactée,

Donner un grand bonjour à la Lyre, à Pégase, 

Accorder au passage un oeil à Cassiopée, 

Sirius l'a saluée, hommage de noblesse,

La Lune, devant elle, une nuit s'éclipsa,

La Grande Ourse a grogné par simple politesse, 

Et Jupiter lui-même s'est incliné très bas, 

L'étoile du Berger d'un clin d'œil la salue, 

Petite Ourse se blottit pour la laisser passer,

La Polaire lui montre son chemin, fort émue, 

Et les Hommes, sur Terre, admirent médusés. 

Elle est partie au loin, vraiment on ne sait où, 

Ne sait quand reviendra, tel jadis Malbrough. 

Ce sera-t-il à Pâques où à la Trinité ?

Ou bien alors dans un million d'années ? 

Va-t-elle voguer longtemps cherchant le paradis, 

Vers les amas du ciel, rendez-vous des étoiles, 

Où se forment en tournant toutes les galaxies, 

Ronde vertigineuse de soleils en cavale ?

Tu nous a fait songer, comète gracieuse.

Aux limites insondables de cette immensité.

Nous nous sentons petits, sable de nébuleuse, 

Notre orgueil dérisoire s'en trouve humilié.. 

Aujourd'hui, dans le ciel, l'amie nous a quittés, 

Disparue à lamais, là-bas vers l'infini,

Et je reste attristé, mon illusion finie,

Merci astre éphémère de m'avoir fait rêver.

Raymond Redon. Sugères- Juin 1996.

Article publié dans le journal « La Montagne » en août 1996